Restitution 3D

Les sources

Planche extraite de l´annuaire du département du Jura par Désiré Monnier.

Ce dessin reproduit un bas-relief (aujourd'hui disparu) datant probablement de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle d'après l'habillement de la jeune femme à droite. Cette pierre provenait vraisemblablement soit de l'abbaye de Balerne (après son incendie de 1755 et son démantèlement sous la Révolution) soit de l'ancienne église Saint-Martin de Cognos (aujourd'hui Ney) abandonnée au XVIIIe siècle et a longtemps orné la façade d'une ferme de Ney qui présente encore sur ses murs extérieurs quelques surprises intéressantes (dont une sculpture de St Martin à cheval déchirant une partie de son manteau pour un miséreux, datable du début XVIe siècle). Balerne et Ney ayant relevé de la protection du fief du mont Rivel appartenant aux sires de Commercy, il est possible qu'on soit ici devant la seule représentation connue du château avant sa ruine. 

Si tel est bien le cas, il s'agirait d'une vue du nord-NE, face à la haute cour, avec la tour ronde au nord-est figurée à gauche et la tour pentagonale nord-ouest à droite. La représentation de machicoulis et d'archères ouvragées pour les armes à feu confirme une reconstruction tardive (XVe siècle) relevée par les archéologues. Un pan de mur à gauche (déja ruiné suite au passage des troupes de Louis XI en 1479 ?) muni d'une archère simple pourrait correspondre aux parties plus au sud datées du XIIIe siècle.

Détail d´un plan de Montrivel levé aux alentours de 1700.

Le plan dont un détail est figuré ci-contre semble avoir été levé comme pièce pour un procès en rapport avec un bornage modifié en 1588 entre seigneuries de Vannoz et de Montrivel en remplacement de celui des Commercy (date citée plusieurs fois dans la légende de ce plan). Bien que schématique, la représentation du château semble bien confirmer la présence d´une tour (porterie?) à l'angle nord-est, à proximité de la tour semi-circulaire toujours en élévation partielle, suivie d'un arc de cercle pouvant représenter le soutènement d'une rampe d'accès par l'est. La tour pentagonale est ici figurée à l'ouest (en bas sur le plan dont le nord est orienté vers la gauche). La ferme du Replain est également figurée sur le plateau comme appartenant à Girod-Genet, qui l'avait construite à partir de 1687 (année d'achat de la parcelle), ce qui indique que ce plan daterait de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. On notera enfin le "jardin du château" figuré sur le flanc sud-est au pied du château.

Tour ronde de l'angle nord-est. Cliché du début XXe siècle.

On imagine difficilement au regard des quelques vestiges du château qu'il comprenait encore au début du XVIe siècle (alors qu´il est dit avoir été pris et incendié par les français en 1479) 102 retrahants dans les communes de la seigneurie (46 à Champagnole, 15 à Equevillon, 7 à Ney, 15 à Saint Germain, et 18 à Vannoz) mobilisables pour sa défense sur ordre du seigneur. En 1515, une montre d'armes recense l'équipement des hommes comprenant : 98 épées, 20 hallebardes, 11 piques, 8 arbalètes et 2 couleuvrines. Il semble d'après les textes que le château ayant été démantelé depuis 25 ans, cette montre d'armes se soit tenue au château de Vers-en-Montagne ou de Nozeroy. G. Cousin écrit en 1552 à propos de Montrivel (traduit du latin par Emile Monot en 1907) : "Ce château, abattu pendant les guerres, n'est plus qu'une ruine qu'on remarque en passant, et dont on admire encore la construction parfaite en pierres de taille formant arc de cercle. Un escalier en colimaçon permettait de monter à l'intérieur".

Reconstitution 3D

A gauche : Relevé planimétrique effectué par M. Dole (1992).

A la différence du vieux bourg de Champagnole dont les traces et indications dans les textes anciens sont extrémement ténues, le château du mont Rivel grâce à ses vestiges, aux relevés planimétriques et au décryptage des archéologues permet d'oser une restitution beaucoup moins sujette à caution.

 

Toutefois, des zones d'ombre subsistent. En particulier, la localisation précise de l'accès principal est complexe et incertaine. Un texte de 1301 mentionne un accès par porterie à travers une grosse tour... Rien ne subsiste dans les murs encore en élévation qui permette de localiser avec certitude l´emplacement de cette tour, toutefois un mur de remblais bordant le sentier à l'est de la tour ronde pourrait correspondre à son emplacement. A-t-elle totalement disparu au fil des siècles après le démantèlement de la fin du XVe suivi de l'abandon définitif du château au XVIe siècle, ou bien plus probablement a-t-elle été la première à avoir tenu le rôle de carrière de pierres étant la plus exposée car la plus facile d'accès ? Dans notre proposition, l'accès principal a donc été supposé à l'est par une tour porche appuyée contre le rocher au pied de la tour ronde, suivie d'un mur de soutènement bordant et protégeant une rampe courbe aboutissant entre les deux cours, à l'est du fossé central. L´accès à la haute cour a été supposé par pont-levis afin de sécuriser cette seconde porterie.

Par ailleurs, le bâtiment au fond et à l'ouest du fossé central permettait il sans doute un passage piéton (en cas de siège) entre les deux cours.

Survol du château avant l'arrivée des troupes de Louis XI...
Rélevé planimétrique C.N.R.S. / U.M.R. 7044, S. Guyot, 2006.

Dans son ensemble, notre proposition s'attache à être fidèle au relevé planimétrique de 1992 par M. Dole (suivi par un deuxième ci-contre réalisé en 2006 par S. Guyot) malgré quelques extrapolations à partir des relevés de murs interrompus, afin de leur rendre une continuité. La reconstitution des murs et des tours dans leur élévation s'inspire d'exemples de châteaux comtois et contemporains mieux conservés (Le Pin, Présilly, Mirebel, Beauregard, Montjoie-le-Château, Montfaucon, Charencey...) ayant conservé quelques parties en élévation quasi intégrale permettant une interprétation par analogie. Les aménagements des murs (fenêtres, archères, portes) et superstructures (cheminées, latrines, échauguettes, créneaux, mâchicoulis, bretèches) ont été imaginées, sauf mention ou présence explicite sur le site. Les matériaux retenus pour la couverture des bâtiments et des tours sont principalement le bardeau de sapin et la lauze. Les couvertures en tuile plate étant très peu courantes dans le Jura jusqu'au XVIIIe siècle, seuls les aménagements supposés du XVe siècle (corps de logis au nord et échauguettes) en sont pourvus dans notre proposition.

Vue d'ensemble de l'ouest.
Vue d'ensemble au pied du flanc sud-est du mont Rivel.
Vue plongeante sur le flanc est du château. En contrebas : grange de Burgille, possession de Montrivel établie le long du chemin vers Champagnole, citée dès le XIVe siècle.
Flanc est du château.
Vue plongeante du nord-est. En contre-bas : vieux bourg de Champagnole et vieille église (à droite). A l'arrière plan à droite : silhouette du château de Mirebel.
Vue nord-est du château depuis le chemin d'Equevillon.
Vue nord depuis le plateau sommital.
Vue du nord-ouest sous le plateau sommital. Au centre : poterne avec gaine d'accès dallée sous la courtine nord-ouest et escalier taillé dans le roc débouchant à l'ouest du fossé nord.
Vue du nord-ouest. A l'arrière plan à droite : silhouette de château Villain sur sa crête, situé à 4 km à vol d'oiseau.
Flanc ouest du château.
Vue de l'ouest de l'accès central entre haute cour (à gauche) et basse cour (à droite).
Du XXIe... au XVe siècle, au grand galop !
En 1880 dans l'ouvrage "Champagnole et ses environs", B. Prost écrivait à propos du château : "Quelques pans de mur grisâtres, couverts de lierre, des fondations et des voûtes au ciment indestructible, un pittoresque fouillis de décombres, de mousses, de ronces et d'arbrisseaux, voilà tout ce qui reste de cette grandeur détruite."

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C.B. | Réponse 26.05.2016 00.43

Les modifications apportées au chateau du Mont Rivel font-elles suite à la découverte de nouvelles sources documentaires ?
Toujours du beau travail !

B. SERTIER 30.05.2016 15.27

... de plus, l'épaisseur du mur encore de belle élévation sur le flanc Est semble trop faible (<1 m) pour faire partie d'une ligne de défense de front d'entrée.

B. SERTIER 30.05.2016 15.22

Bonjour, il apparait sur le terrain un reste de rampe d'accès à l'entre-cours central qui suggère l'existence passée possible d'un accès fortifié...

manzoni guy | Réponse 09.11.2014 18.25

la franchement je n'imaginais pas le mont rivel comme ça ,d'autant plus quand tant que gamins c'etait notre endroit de jeu et randonnée a l'epoque

B. Sertier 09.11.2014 22.58

Cinq siècles ont passé depuis sa dernière occupation... Les murs sont tombés, et les arbres ont poussé !

FR25 | Réponse 24.12.2013 09.04

Sensationnelle cette reconstitution.
J'espère que les prochaines arriveront bientôt pour d'autres forteresses médiévales de la Comté...
Encore bravo !

B. Sertier 25.12.2013 00.01

Merci ! Beaucoup d´idées dans les cartons mais assez peu de plans ou de vestiges suffisamment explicites pour oser une restitution... Mais ne désespérons pas ;)

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Commentaires

22.04 | 11:10

Bonjour !
Voila une façon simple et complexe de montrer les magnifiques ruines de cette si belle région de France. C'est un grand atout, continuez (Nozeroy?).

...
20.03 | 17:48

En effet on ne s'en prive pas puisque c'est un peu l'optique du site. Par ailleurs des remaniements sont à paraître d'ici fin mars... A suivre !

...
19.03 | 19:55

Pourquoi se priver... On est dans le virtuel... Très contente de visiter l'intérieur de ce bâtiment dont je ne connais que les restes extérieurs.

...
12.03 | 14:33

Merci. Ce prieuré est un exemple assez frappant des héritages monastiques qui suivirent une implantation érémitique probable compte tenu de l'isolement du site.

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