Château-Villain

Les origines

Château-Villain (Castrum Villanum) fut édifié par Simon II de Commercy à la fin du XIIe siècle, peu de temps après avoir hérité de la baronnie de Mont Rivel par son mariage avec Nicolette, fille unique d'Humbert IV de Salins. Sur une crête séparant les villages de Bourg-de-Sirod et Sirod, à une altitude moyenne de 720 m, d'une longueur d'environ 200 m et d'une largeur moyenne de 34 m,  il occupait une surface de 0.68 ha. Sa première mention apparaît en 1186. Château-Villain devint rapidement la résidence principale des Commercy.

Premiers remaniements

Ce château et ses terres furent la proie dans les siècles qui suivirent de plusieurs querelles entre barons héritiers (directs ou par mariage) qui en revendiquèrent la légitimité. On notera en particulier celle intervenue au XIVe siècle entre les deux gendres de Gaucher III de Commercy qui entrèrent en procès pour le partage de sa succession. Il fut proposé en 1332 que les épouses et filles de Commercy ne vivent plus sous le même toit, ce qui amena l'aménagement d'un second corps de logis contre l'entrée sud du château principal (c'est à dire de la haute cour). 

On peut encore, de façon hypothétique, identifier une partie de ces aménagements par la présence d'une porte cochère murée (et ajourée dans le remplage d'une fente de tir) et d'un mur juste au sud barrant l'ancien accès pour isoler cette partie et constituer un second manoir indépendant des logis et tours centraux. Le nouveau logis semble avoir été construit contre la partie nord du mur flanqué de l'ancien accès mais n'est plus identifiable aujourd'hui.

Guerres et déclin

Lithographie de la haute cour (vue du sud) extraite de "Champagnole et ses environs" - 1880.

Au XVe siècle, le château passa sous la possession de la famille de Watteville. Le fief n'évita pas les affres des guerres de conquête par le royaume de France de ses homologues comtois et fut pris en 1479 par Louis XI qui le démantela sans qu'il subisse une destruction complète ou suffisante pour justifier un abandon puisqu'il fut restauré très vite et modernisé par de nouveaux éléments défensifs contre l'artillerie naissante (canonnières toujours partiellement visibles aujourd'hui). Il fut par la suite assiégé par les troupes d'Henri IV qui le prirent en 1595, puis en 1639 par les troupes suédoises alliées de Louis XIII après un long siège, mais repris par les comtois peu de temps après. En 1674, le château fut épargné de la destruction par Louis XIV en reconnaissance de la précieuse contribution de l'abbé de Watteville (alors propriétaire du château) à la conquête de la Comté...

Ce n'est qu'entre 1808 et 1810 que le château dut subir un dernier assaut qui lui fut fatal : Il servit de carrière de pierres pour la reconstruction des forges de Bourg-de-Sirod qui avaient brûlé en 1803.

Richebourg

Tour porche d'accès au bourg dessus depuis le bourg dessous. Cliché du début XXe siècle.

Dès lors, seul le bourg-dessus (ou "Richebourg") contemporain du château continua d'être en partie occupé jusqu'à son abandon définitif en 1940. Le cadastre moderne permet d'identifier une partie des terrains des maisons converties en fermes au XIXe siècle. D'après Rousset il était ceint de murailles et de portes fortifiées, G. Cousin (au milieu du XVIe siècle) indique également qu'Amboise (en 1479) "avait jeté les murailles du bourg à bas", Lequinio à la toute fin du XVIIIe évoque "quelques chaumières fort pauvres et quelques débris, quelques fondements de murailles renversées, qui furent peut-être un bourg au temps de sa splendeur féodale", mais presque rien ne subsiste de visible hormis les premières assises sur plus de 150 m d'un mur de soutènement juste au sud du château dans le prolongement de son flanc ouest, quelques fondations noyées sous les haies en bordure de côteaux, et la tour porche barrant l'accès en haut d'une profonde tranchée dans le roc qui conduisait du bourg-dessous (actuel Bourg-de-Sirod) au bourg-dessus puis au château. Une date figurant sur son flanc nord (1616) pourrait laisser penser qu'elle marque l'époque de sa construction mais elle pourrait également évoquer l'année de sa restauration, la présence de trois corbeaux sur le flanc nord trahissant l'existence passée d'une bretèche et d'une élévation supérieure de la tour avant son démantèlement partiel (consécutif au siège de 1595 ?) Quelques pans de murs et fondations de maisons sont encore repérables le long du chemin qui conduisait à Sirod sur le flanc Est de la crête. 

Un peu plus loin le long de l'ancienne route de Sirod (avant le percement du tunnel au XIXe siècle) subsiste une chapelle intacte datant du XIIe siècle, contemporaine de la construction du château et de l'établissement du bourg dessus. Elle devait recevoir les fidèles de Richebourg (ou être un simple lieu de pélerinage pour célébrer un miracle local ?) et semble trop éloignée du château pour avoir tenu le rôle de chapelle castrale.

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B. Sertier | Réponse 15.02.2014 01.24

Merci pour cette info pertinente. Je travaille sur le tracé possible de l´enceinte du bourg-dessus et de ses accès (fortifiés) d´après cadastre et vestige.

FR25 | Réponse 14.02.2014 08.34

Bonjour !

Les armoiries ne seraient-elles pas : "De gueules à un lion d'or semé de billettes de même" qui sont celles des seigneurs de Commercy ?

B. Sertier 15.02.2014 02.53

D´après le blasonnement que vous décrivez, vous faites sans doute référence à Simon 1er de Châteauvillain en Haute Marne et non pas Simon II de Commercy.

B. Sertier 15.02.2014 01.38

Je n´ai pas d´info précise à ce sujet. Il semble que les armoiries de Bourg-de-Sirod soient bien celles présentées. Avez-vous d´autres sources ?

FR25 | Réponse 14.02.2014 08.18

pour barrer l'accès côté Sirod.

FR25 16.02.2014 20.59

Bonjour !

Je vais compulser ma bibliothèque et je reviens vers vous.

B. Sertier 15.02.2014 01.26

Pourriez-vous citer vos sources sur la porte d´accès nord à Bourg-dessus ? C´est une info intéressante. Merci

FR25 | Réponse 14.02.2014 08.17

Bonjour !

Il est précisé dans certains textes qu'une tour-porche analogue existait de l'autre côté de la crête, à 200 mètres de la chapelle,

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Commentaires

20.03 | 17:48

En effet on ne s'en prive pas puisque c'est un peu l'optique du site. Par ailleurs des remaniements sont à paraître d'ici fin mars... A suivre !

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19.03 | 19:55

Pourquoi se priver... On est dans le virtuel... Très contente de visiter l'intérieur de ce bâtiment dont je ne connais que les restes extérieurs.

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12.03 | 14:33

Merci. Ce prieuré est un exemple assez frappant des héritages monastiques qui suivirent une implantation érémitique probable compte tenu de l'isolement du site.

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12.03 | 06:52

Bravo pour cette nouvelle reconstitution d'un site fort peu commun et assez méconnu du grande public !

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