Restitution 3D

Un château modeste mais sur un piédestal de choix

Plan restitué (XIVe siècle) en semi-transparence.

La surface au sol de la grosse tour et de ses appentis ne dépassait pas 243 m². Néanmoins, perché sur son piton comme il l'était à une époque où le couvert forestier était sensiblement plus réduit qu'aujourdh'hui, le château devait se voir de loin et faire forte impression, en particulier pour les voyageurs en provenance de l'ouest car il dominait d'une centaine de mètres la "terre basse" (le 2ème plateau) dans le prolongement d'une haute crête rocheuse très aride. La tour elle-même était comparable en surface à celle du donjon de Beauregard.

La cave qui comprenait une chambre de tir, des latrines, et sans doute une citerne d'après la description de 1628, taillée à l'ouest dans le roc au dessus du précipice, nous a semblé trop vulnérable structurellement pour avoir compris les assises de la grosse tour mais a plus probablement constitué un appenti détaché des murs porteurs.

Compte tenu de la longueur du donjon (environ 20 m), il était vraisemblablement muni d'un mur de refend pour soulager le poids de la charpente et limiter la portée des planchers. Nous l'avons placé scrupuleusement à onze pas (soit 7 mètres, la largeur indiquée de la première chambre) du front d'entrée sud-est. Nous avons considéré que deux cheminées pouvaient s'y appuyer, une au sud-ouest du mur pour le chauffage de la 1ère chambre basse (et son homologue du haut) et une au nord-est pour celui de la deuxième chambre basse (et celle superposée).

Un deuxième mur parallèle (au nord-ouest du premier mur de refend) devait compartimenter les 2e et 3e chambres citées (de surface un peu moindre que la première). Il semble logique qu'il ait épousé le rebord du rocher taillé bordant le sud-est de la cuisine au niveau des caves, ce qui constitue des surfaces équivalentes pour ces deux chambres.

Quant à l'escalier en pierre de taille qui menait des chambres basses aux chambres hautes depuis lequel on avait à main droite la porterie, il pouvait s'épauler contre le premier mur de refend séparant 1ères et 2èmes chambres (basses et hautes).

Exemple de pont à tablier mobile. Détail d'un dessin du château de Souternon (Loire). Armorial de Guillaume Revel (milieu XVe siècle).

Ici, c'est-à-dire au début du XIVe siècle, bien avant l'aménagement de la basse cour (XVIe siècle) et du nouvel accès par le fond du petit vallon à l'est de la crête, nous avons considéré que l'accès se faisait par le sommet de la ligne de crête. On voit mal comment il aurait pu en être autrement compte tenu du relief de l'éperon qui ne présente que localement un adoucissement de la pente du rocher, précisément à même hauteur et dans l'axe de la crête au sud-est. Par ailleurs, le texte de 1628 suggère que le pont-levis était déporté du donjon. La pente du rocher en vis à vis de la ligne de crête apparait en effet difficilement compatible avec le débattement de flèches d'un pont-levis intégré aux maçonneries de la poterne. D'après les conclusions des archéologues ayant effectué les fouilles, ce premier accès par passerelle était en bois, et la construction d'un large pont dormant maçonné n'intervint qu'à la fin du XIVe siècle. Nous l'avons donc représenté sous forme d'un pont à tablier mobile, avec partie fixe protégée par une palissade.

Le retour de l'Aigle
Restitution du château de l'Aigle au début du XIVe siècle
Vue du nord-ouest depuis l'ancienne route entre Ilay et la Chaux-du-Dombief.
Vue rapprochée du nord-ouest.
Vue générale du sud-S.O.
Vue en contre-plongée du sud-ouest.
Vue plongeante du sud-ouest.
Vue rapprochée du sud-ouest.

L'échauguette à l'angle sud est purement supposée (clin d'oeil au donjon de Beauregard), mais elle aurait constitué une tour de guet idéalement placée pour surveiller l'arrivée de voyageurs venant de l'ouest. Le donjon est représenté garni de hourds sur les flancs les plus exposés.

Vue du sud depuis la ligne de crête.
Vues du sud-est, sans et avec hourdage.
Vue hivernale du sud-est.
Vue plongeante de l'est.

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B. Sertier | Réponse 17.07.2017 00.45

Merci ! Un décryptage difficile et toujours sujet à caution, mais des plus passionnants en confrontant terrain, relevés et description du XVIIe siècle.

Mathieu GUY | Réponse 17.07.2017 00.00

Encore une reconstitution passionnante, richement documentée et très étayée.
Vous facilitez la compréhension du site, peu lisible dans son état actuel...

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Commentaires

17.07 | 00:45

Merci ! Un décryptage difficile et toujours sujet à caution, mais des plus passionnants en confrontant terrain, relevés et description du XVIIe siècle.

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17.07 | 00:00

Encore une reconstitution passionnante, richement documentée et très étayée.
Vous facilitez la compréhension du site, peu lisible dans son état actuel...

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12.07 | 20:33

M. Rizzon, bravo ! Vous avez gagné toute mon estime renouvelée !

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01.06 | 23:26

C'est une possibilité... Nous le saurons bientôt !

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